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De l’art et des difficultés d’avoir une garde-robe responsable

Hello les cocos !

« Qu’est-ce qu’il y a dans ton dressing ? Est-ce que tout ton dressing est responsable ? Est-ce que tu possèdes des vêtements dont tu n’es pas fière ? »

Voilà des questions que vous vous posez peut-être concernant ma garde-robe ?! En tout cas, moi, ça fait longtemps que j’ai envie de vous en parler.

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Ma sensibilité mode

Je crois maintenant, à y réfléchir, que j’ai toujours eu une sensibilité quand j’achetais des vêtements étant plus jeune. J’avais beaucoup de mal à entrer dans les H&M et Zara, ou autres marques du même niveau de prix, ça sentait toujours le plastique. Le plastique du sol, des peintures de la boutique, des cintres, des pochettes plastifiées qui avaient embaumé les vêtements, mais aussi l’odeur des vêtements, ceux fabriqués vraiment en plastique (polyester, acrylique, nylon…).

J’avais l’habitude, certainement grâce à ma mère, de regarder l’étiquette de composition, pour regarder, non seulement, la composition, mais le pays d’origine de mes vêtements. Je ne savais pas tout ce que je sais aujourd’hui, je savais seulement que je préférais porter des matières naturelles, que j’avais un problème avec le made in china, et que j’avais du mal à trouver des pulls qui ne contiennent pas de matières synthétiques.

Pour tout vous dire, c’est peut-être ça qui a fait que pendant longtemps j’avais un style très simple, avec quelques pièces plus audacieuses de temps en temps (et aussi le fait que j’ai pour habitude de ne rien faire comme tout le monde). D’ailleurs, je crois que je n’ai acheté qu’une fois dans ma vie un vêtement de chez Zara. « Han ! T’es une fille, t’as pas de vêtements Zara ! » dirait l’autre. Hé nan !

Et puis comme je savais utiliser une machine à coudre, je piochais des idées de vêtements que j’aurais voulu me fabriquer moi-même, sans jamais vraiment prendre le temps de concrétiser l’idée. Donc, j’étais en fait, au courant des tendances de mode, sans jamais vraiment être fashion, parce qu’il y avait ce monde imaginaire qui planait au-dessus de moi dans lequel je fabriquais moi-même mes vêtements tendances, alors qu’au final ils restaient au stade de l’idée et de l’envie.

Vers une conduite plus responsable

Aujourd’hui, ça fait plus de trois ans maintenant que j’ai pris le « virage responsable », le vrai tournant quoi (wtf vocabulaire de la voiture ?!). Je savais que je voulais remplacer ma garde-robe actuelle par des vêtements qui ont du sens. Mais remplacer de veut pas dire tout jeter d’un coup ! Et puis jeter c’est pas développement durable ! Et puis tout racheter d’un coup c’est pas mieux non plus ni symboliquement pour la consommation, ni pour mon porte-monnaie !

Car une des vraies raisons, c’est aussi, il faut bien le dire, le coût. Quoiqu’on dise, même si la mode responsable est de plus en plus accessible, quand j’ai commencé ma transition, c’était quand même beaucoup plus cher que les prix pratiqués par les enseignes de fast fashion des traditionnelles rues commerciales et centres commerciaux. Par contre, avec le recul, c’est aussi parfois beaucoup moins cher pour un produit équivalent que certaines marques très appréciées, de la catégories des Zadig&Voltaire, The Kooples, Maje, et tous ses potes. Et puis je dis « à produit équivalent », mais si on met à côté deux manteaux stylés vendus à 350€, l’un d’une marque celles citées plus tôt, l’autre d’une marque responsable,  ce qui est beaucoup moins cher, c’est la valeur ajoutée : le second est par exemple fabriqué en France, en 100% laine, avec des tissus de grande qualité ! Et ça change tout.

Voilà comment j’ai donc décidé d’opérer ma transition (une maladie grave la transition XD). J’ai gardé mes vêtements déjà achetés, ceux pas responsables, pour finir de les utiliser, ou en les donnant si vraiment je ne voulais plus les porter. Puis quand j’avais des besoins vestimentaires, je consultais Dr Google (dites donc, c’est une vraie thérapie en fait cet article), jusqu’à trouver l’alternative responsable qui me convenait. J’ai ajusté mes dépenses aussi ! Vous savez, c’est comme quand on décide de s’alimenter en bio, on trouve ça plus cher au début, mais comme on finit par consommer différemment (et moins aussi), ça revient à peu près au même, avec un gros bonus pour la santé. J’étais étudiante, je n’avais de toute façon pas beaucoup d’argent à dépenser dans la mode, mais j’en dépensais encore mois, pour m’offrir moins de vêtements, mais de temps en temps, un basique de grande qualité, ou une pièce de créateur responsable.

État des lieux de ma garde-robe

J’en suis où aujourd’hui ? Presque tous les vêtements sur la première photo sont responsables (presque, parce que j’en ai rajouté deux ou trois jolis pour la photo 😉 ). Et je n’ai pas que ceux-là ! Je ne vous ai pas montré les sous-vêtements, les écharpes, les chaussettes, les sacs, et d’autres pièces que je me suis achetée depuis que j’ai fait cette photo.

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Après calcul rapide, environ 60% de mon dressing est vraiment responsable, à certains degrés différents bien sûr.

– sur 13 paires de chaussures, 11 sont issues d’une fabrication responsable

– 55% de mes vêtements sont responsables (hauts, bas, manteaux, hors sous-vêtements et accessoires, sinon j’étais bonne pour l’inventaire)

– 100% des sacs que j’utilise le plus régulièrement sont responsables.

« C’est déjà pas mal ! » « C’est pas beaucoup ! » J’aimerais bien connaître vos réactions. Quant à moi, je suis plutôt satisfaite quand même étant donné que j’étais étudiante encore il y a quelques mois, et que je n’ai pas le salaire « normal » qui me permettrait d’aller plus vite dans cette évolution ou de me faire plus souvent plaisir ! 😉 Mais niveau chaussures, c’est quand même ce qui a été le plus rapide. Une offre plus facile d’accès ? Plus de choix dispos ? Il faut dire que j’inclue dedans les chaussures faites en Espagne, Italie, Portugal, car je connais les conditions de travail et de salaire, auquel on ajoute la proximité géographique qui réduit les transports.

D’où, des difficultés…

Mais alors c’est quoi les 45% de vêtements qui ne sont pas responsables ? Ce sont des pièces que j’ai depuis longtemps, ou des vêtements que l’on ma parfois offerts, ou que j’ai dégoté en vente-privée chez des marques qui sont réputées faire de la qualité (Hartford par ex), parfois des petits craquages (je ne suis pas parfaite désolée !), des basiques que je n’ai pas trouvés en mode responsable, et puis récemment j’avais quelques besoins, mais c’était pas avec mes petits boulots d’intérim que je pouvais me payer une belle fringue responsable.

Donc oui, il y a parfois quelques vêtements dont je ne suis pas fière, dont je me dis que je n’aurais pas dû céder, mais c’est fait ! C’est trop tard pour ceux-là, ça ne sert à rien de culpabiliser. Il me reste plus qu’à me discipliner davantage pour les prochaines fois. 🙂

Et c’est aussi pour cela que parfois j’ai du mal à trouver des idées de looks qui ne soient composés que de vêtements responsables. Comme j’ai quand même encore un certain nombre de vêtements qui ne conviennent pas à mon éthique, je galère parfois, car si je ne jetais demain tous ces vêtements-là, je serais peut-être habillée comme un clown. Bah oui, mes fringues responsables aujourd’hui ne sont pas toutes assorties ! Et comme vous l’avez certainement compris, mon budget actuel ne me permet pas de suivre les tendances qui me plaisent.

Consommer moins et le minimalisme

Hé oui, ça n’est pas moi qui peut vous proposer des looks avec 100% des vêtements que l’on trouve dans les collections actuelles des marques, comme d’autres blogueuses le font ! D’abord, cela supposerait que je consomme beaucoup. Et je ne suis déjà pas d’accord avec ça. Consommer responsable, c’est aussi consommer moins. Donc je compile : du vintage, des anciennes collections, du fait-main, etc. Le but aussi de mes looks, ça n’est pas de vous faire acheter les vêtements que je porte (avec des liens affiliés en dessous) ! Non, j’ai tout simplement envie de vous faire découvrir des marques, et surtout vous montrer que l’on peut être stylée en responsable.

Et finalement c’est pourquoi vous ne voyez pas souvent de looks sur le blog, même si je vais me tenir à au moins un par moins mois (aha, lapsus). Si j’en faisais plus souvent, je finirais par vous montrer toujours les mêmes choses, pas très intéressant, hein !

En tout cas, je me questionne de plus en plus sur tout ce qui concerne le minimalisme, ou comment réduire sa garde-robe. En préparation de mon déménagement dans quelques mois, il faudra bien que je fasse le tri un jour ou l’autre ! (Tout ça va finir en vide-dressing et en vide-grenier !) Me décider à me débarrasser de cette veste que j’adore voir dans ma garde-robe, mais que je ne porte jamais… Hum, challenge inside. Je suis plutôt conservatrice dans mon genre, mes proches le savent et en rient ! Mais j’ai une bonne excuse, c’est que je vois du potentiel de recyclage et de récupération dans tout ce qu’il y a autour de moi. Je sais quoi faire de mon sac de vêtements d’ado, je sais quoi faire de mes cartons de chaussettes dépareillées, la seule chose qui me manque, c’est le temps ! Maman, pourquoi les journées sont-elles si courtes ?

Cet article commence un peu à partir en cacahuète, mais je pourrais vous parler de tout ça pendant des heures. Enfin, bref, si vous êtes intéressé(e)s par le minimalisme, il y a quelques blogueuses qui en parlent, et notamment ma copine Eva sur son blog MinimalEvaBee ! J’en parlerais peut-être un jour sur le blog, qui sait ?! En tout cas, je vous ferai certainement un nouvel article genre « J’en suis où de ma transition » d’ici plusieurs mois.

J’espère que cette petite immersion dans mon dressing vous a plu, que ça vous a donné envie de vous y mettre (ou de continuer sur votre lancée), en attendant le prochain look ou article mode, je vous fais plein de bisous. ♥︎